La Clinique des Troubles Anxieux

Il s'agit d'une conception très riche en clinique parce qu'elle permet de traiter le sujet à la lumière de son histoire.

Introduction.


Le DSM 5 conduit à une faillite de la psychiatrie. Il n'arrive pas à rendre compte de la réalité humaine. Les différentes révisions ainsi que le développement de la notion du spectre des troubles anxieux ne peuvent que l'ébranler. Le concept des névroses reste bien plus riche en clinique parce qu'il permet de traiter le sujet à la lumière de son histoire.Il est classique de distinguer quatre types de névroses : névrose d'angoisse, névrose phobique, névrose obsessionnelle et névrose hystérique.

Cette distinction repose sur des tableaux cliniques différents, des mécanismes pathogénétiques différents et débouche sur des approches thérapeutiques souvent différentes. La névrose n’est en fin de compte que l’amplification d’une peur fondamentale. Il en existe quatre. Avant de les expliciter, il convient de préciser ce que nous entendons par « peur fondamentale » et par « amplification » : - une peur fondamentale est une peur que chacun d’entre nous connaît pour l’avoir déjà vécue à minima - l’amplification d’une peur fondamentale est telle qu’elle envahit toute la vie de la personne et permet de rendre compte de ses émotions, de ses paroles, de ses gestes ; cette peur amplifiée handicape la personne dans sa vie quotidienne. Chacun d’entre nous a déjà fait face à la peur de la séparation, lors d’un deuil, d’un voyage à l’étranger… On se sent séparé d’une personne aimée par les aléas de la vie, sans pour autant douter de son amour. La deuxième peur fondamentale est la peur qu’un tiers nous empêche d’obtenir ce que nous désirons. Ainsi, lorsque nous nous rendons chez le banquier afin de solliciter un prêt, nous nous sentons énervés, énervés parce qu’il pourrait refuser notre demande et ainsi nous empêcher d’obtenir ce que nous souhaitons. La troisième peur fondamentale est la peur de mal faire. Un étudiant en médecine est « stressé » lorsqu’il doit faire sa première ponction pleurale. En fait, il a peur de la rater et de nuire au patient, il a peur de lui faire mal … La dernière peur fondamentale est la peur de ne pas être aimé. Lorsque nous sommes invités à une soirée où nous ne connaissons pas grand monde, nous nous sentons nerveux en y allant : comment cela va-t-il se passer ? Les gens seront-ils sympas ? En un mot, vont-ils m’apprécier ?

La névrose est l’amplification d’une de ces quatre peurs fondamentales.

La névrose d’angoisse peut être considérée comme l’amplification de la peur de la séparation ; la névrose phobique est l’amplification de la peur qu’un tiers nous empêche d’obtenir ce que nous désirons ; la névrose obsessionnelle est l’amplification de la peur de mal faire ; la névrose hystérique est l’amplification de la peur de ne pas être aimé. Néanmoins, il faut constater que dans la vie de tous les jours, les gens ne savent pas de quoi ils ont peur, ils ressentent plutôt un malaise diffus. En ce sens, il convient mieux de parler d’angoisse. Tout être humain connaît l'angoisse. Ces différentes manières, décrites comme pathologiques, de vivre l'angoisse et de s'en défendre par des processus inconscients existent en réalité chez tous les êtres humains, y compris donc chez les gens normaux. Il n'y a donc pas de transition tranchée dans ce domaine, entre le normal et lepathologique. C'est l'intensité de l'angoisse, l'intensité de tel ou tel phénomène de défense contre celle-ci, la souffrance éprouvée par le patient, la perturbation éventuelle suscitée dans sa vie familiale, professionnelle et sociale qui fait désigner comme pathologiques certains tableaux cliniques. Tout être humain vit non seulement l'angoisse mais vit aussi inconsciemment les trois principaux types de défense décrits contre cette angoisse : phobique, obsessionnel et hystérique. De manière atténuée, ces trois réactions de défense et l'angoisse elle-même sont présentes chez tous. Il en va de même dans les cas pathologiques. Dans toute névrose, nous trouverons donc présentes, à la fois, les quatre sortes de névroses. Ce qui permet les distinctions cliniques, c'est que chez beaucoup de patients, un mode de défense est fortement privilégié et amplifié par rapport aux autres, donnant ainsi un aspect particulier à la clinique.

Nous devons donc garder clairement présent à l'esprit :
- que les quatre formes de névroses ne sont pas exclusives les unes des autres.
- que le même patient peut présenter donc à la fois des traits névrotiques de plusieurs catégories différentes.
- que le même patient peut passer en cours d'évolution d'un type clinique à l'autre.
- que, cependant, le cas le plus fréquent, est que chez un patient déterminé, un type clinique de névrose prédomine et reste prédominant.
La névrose n'est pas un phénomène dont l'intensité est stable dans le décours du temps. Selon l'importance des frustrations rencontrées, selon aussi l'importance des satisfactions obtenues dans son milieu familial, professionnel et social, l'angoisse vécue par un sujet variera beaucoup. Il s'agit d'ailleurs d'un phénomène banal : qui n'a ses bons et mauvais jours, ses bonnes et mauvaises périodes ? Pour ces raisons, les troubles névrotiques, dans leur immense majorité, sont variables dans le temps. Ils peuvent apparaître et disparaître, augmenter ou diminuer d'intensité. Il sera donc toujours important, au niveau clinique, de repérer chez un patient si on a affaire à un trouble névrotique chronique fluctuant peu, à un trouble névrotique intermittent apparaissant par période dans la vie du sujet, ou enfin à un trouble névrotique récent, d'apparition accidentelle dans la vie du patient. L'attitude thérapeutique variera en effet selon cet aspect de déroulement dans le temps. Ce sont ces variations d'intensité dans le temps qui conduisent également certains auteurs à faire la distinction, chez les patients, entre la personnalité névrotique stable de base et les phénomènes névrotiques aigus de décompensation. Dans la clinique pratique, toutes les nuances et formes de transition peuvent être rencontrées.

David Ogez, psychologue, Cliniques universitaires Saint-Luc

Névrose d'angoisse


Cliniquement, la névrose d’angoisse se manifeste dès la fin de l’adolescence ou chez l’adulte jeune par des manifestations paroxystiques (crises d’angoisses ou attaques de panique) sur fond d’anxiété permanente. Les équivalents somatiques sont multiples et beaucoup plus fréquents que la grande crise d’angoisse. Ils constituent un des motifs les plus fréquents de consultation médicale.

Dr Pierre Lachapelle- UCL - Chapelle-aux-champs - 1200 Bruxelles

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Phobie sociale


« Il croit peser à ceux à qui il parle…
Il se retire si on le regarde.
Il n’ouvre la bouche que pour répondre… » ( La Bruyère).

Les phobies sociales appartiennent au champ plus vaste de l’anxiété sociale, dont on peut considérer qu’elle touche occasionnellement la plupart des individus. Ainsi, la timidité concernerait 30-60 % des sujets, le trac invalidant de la prise de parole en public, environ 30 % et la personnalité évitante 1 à 2 %. Mais de récents travaux épidémiologiques permettent de penser qu’environ 10 % de la population générale souffre de manifestations invalidantes d’anxiété sociale, ce qui ferait de ce trouble, le troisième en fréquence dans le champ psychiatrique, après la dépression et l’alcoolisme...

Dr Denis Nicolay - UCL - Chapelle aux champs - 1200 Bruxelles

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Approche philosophique occidentale de l'angoisse


Dans "la psychose", Alphonse de Waelhens fait remarquer qu'il n'est plus possible de faire de l'anthropologie philosophique sans avoir de bonnes notions de psychopathologie. A l'inverse, nous pourrions dire qu'il n'est pas possible d'aborder la psychopathologie sans s'intéresser à l'anthropologie philosophique.

En effet, les philosophes occidentaux du 19e et du 20e siècles rendent compte de l'angoisse en se référant à la structure temporelle de l'existence humaine. Afin d'en donner un aperçu, nous allons brièvement présenter la position de Kierkegaard et de Heidegger à ce propos.

Kierkegaard distingue trois stades principaux de la vie de l'homme : le stade esthétique, le stade éthique et le stade religieux.

Dr Gaëtan Hourlay, Psychiatre, UCL, Chapelle-aux-champs

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Angoisse et respiration


Parler de kinésithérapie dans le cadre du trouble anxieux génère presque toujours de l’étonnement. En effet, quel peut être le lien entre les deux ? En réalité, ce lien est important. Un trouble anxieux s’accompagne de toute une série de symptômes physiques qui pour beaucoup, découlent d’une respiration inadaptée. Physiologiquement, ces symptômes s’expliquent par une modification du contenu sanguin en CO2. Si la kinésithérapie respiratoire ne va nullement résoudre la cause du trouble anxieux, elle peut contribuer à réduire considérablement la survenue des symptômes en apportant au patient des exercices qui vont permettre de réguler la respiration lors de l’apparition de ceux-ci. De plus, une prise de conscience de cette inadaptation respiratoire favorisera sa correction grâce notamment à une rééducation respiratoire et une répétition de manœuvres visant à normaliser le mode respiratoire. Ces dernières agiront plutôt sur le long terme.

Grégory Reychler

Equipe


Arnaud Aelterman

Docteur Arnaud Aelterman

Médecin

Service de Psychiatrie
Cliniques universitaires St-Luc
1200 BRUXELLES – Belgique
Tél. : 32 2 764 21 60

Gilles CATY

Professeur Gilles CATY

Médecin du Sport

Service de Médecine Physique
Cliniques Universitaires St-Luc
1200 BRUXELLES – Belgique
Tél. : 32 2 764 16 50

Nicolas DEHOUX

Monsieur Nicolas DEHOUX

Kinésithérapeute

Service de Médecine Physique
Cliniques Universitaires St-Luc
1200 BRUXELLES – Belgique
Tél. : 32 2 764 16 50

Alain LUTS

Professeur Alain LUTS

Psychiatre

Service de Psychiatrie
Cliniques universitaires St-Luc
1200 BRUXELLES – Belgique
Tél. : 32 2 764 21 60

Lewis MOREAU

Monsieur Lewis MOREAU

Psychologue

Service de Psychiatrie
Cliniques universitaires St-Luc
1200 BRUXELLES – Belgique
Tél. : 32 2 764 21 60

Alain Nicolini

Docteur Alain Nicolini

Médecin

Service de Psychiatrie
Cliniques universitaires St-Luc
1200 BRUXELLES – Belgique
Tél. : 32 2 764 21 60

Anne-Laurence RAU

Madame Anne-Laurence RAU

Coordonnatrice

Service de Psychiatrie
Cliniques universitaires St-Luc
1200 BRUXELLES – Belgique
Tél. : 32 2 764 21 60

Grégory REYCHLER

Monsieur Grégory REYCHLER

Kinésithérapeute

Service de Pneumologie
Cliniques universitaires Saint-Luc
1200 BRUXELLES – Belgique
Tél. : 32 2 764 28 32

Fabien ROODHANS

Docteur Fabien ROODHANS

Interniste

Service de Médecine Interne
Cliniques universitaires St-Luc
1200 BRUXELLES – Belgique
Tél. : 32 2 764 19 02